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Pablo Martinez : "Je ne sentais pas la volonté de me garder"

Ligue 1
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8 Novembre 2019 09h00

Il aura porté le maillot du Racing Club de Strasbourg à soixante-trois reprises, aura grandement participé au maintien du club alsacien lors de la première saison de Ligue 1 et aura clôturé son parcours à Strasbourg en soulevant la Coupe de la Ligue le 30 mars dernier. Véritable guerrier qui n'a jamais baissé les bras, Pablo Martinez se livre a un peu plus de 48 heures de la rencontre qui opposera le Racing à Nîmes lors de la 13ème journée du championnat de Ligue 1. L'homme aux tacles rugueux, mais toujours propres, quoique... n'hésite pas à a dire qu'il est impatient de fouler la pelouse du Stade de la Meinau :

Cela fait désormais quatre mois que tu es retourné dans le sud. Comment ça se passe ?

Cela se passe très bien. Niveau football on pourrait être un peu mieux classé vu le niveau de jeu qu’on produit. On aurait dû avoir un peu plus de points. Malheureusement on n’a pas fait ce qu’il fallait pour les avoir. Le moral est bon en tout cas. Je suis à la maison. J’ai grandi à Nîmes, près de la famille et au quotidien ça joue aussi.


Nîmes a un match en retard désormais (face à Rennes), c’est quelque chose d’embêtant ?

C’est embêtant car les autres ont joué et qu’on se retrouve actuellement à la dernière place, même si c’est anecdotique. Mais cela peut conditionner le reste de la saison. On a deux déplacements périlleux (Strasbourg et Angers), il faudra bien les aborder et bien les préparer pour recoller au classement.


Le championnat est serré comme jamais, cela peut aller vite dans un sens comme de l’autre.

C’est très serré. La saison dernière il y avait un écart de points plus conséquent. Tout le monde peut battre tout le monde. On l’a encore vu avec la victoire de Dijon face au PSG. On sait qu’en gagnant un ou deux matchs on peut se retrouver au milieu de tableau.


On imagine que vous viendrez à la Meinau le couteau entre les dents ?

Comme tous les matchs. On joue pour gagner. On a eu quelques contre-performances à domicile malgré le fait d’avoir produit du jeu et qu’on s’est créé pas mal d’occasions. On a toujours cette part de réussite qui nous fuit. Cela ne joue pas sur le moral, on sait que pour le moment nous ne sommes pas classés comme on devrait l’être. On vient à la Meinau en espérant faire un résultat.


Nîmes c’est aussi un club ou il y a de la ferveur et on a l’impression que les joueurs sont toujours à 200%

Pour moi c’est simple, j’ai été formé à Nîmes. On m’a toujours inculqué cette envie de gagner et de défendre mes couleurs, c’est ce que je m’efforce à faire dans tous les clubs dans lesquels je passe. À Strasbourg également, et c’est sans doute pour ça que j’étais apprécié. Il y a des joueurs qui ont plus de qualité que moi mais au niveau de l’envie j’ai toujours montré que je ne lâchais rien. C’est ce que Nîmes m’a inculqué. On a pu le voir avec les jeunes en Coupe de la Ligue également.


Quel est votre objectif cette saison ?

C’est le maintien. On ne va pas chercher plus loin. C’est une saison charnière et ça passe par des matches difficiles et une saison difficile. L’objectif commun et affiché depuis le début de saison c’est simplement le maintien.


Et d’un point de vue personnel ?

Continuer à m'épanouir sur les terrains et apporter mon expérience à un groupe qui est très jeune et qui connait la Ligue 1 depuis peu.


Tu signes ton retour dans ton ancienne maison, moment particulier ?

Il y a beaucoup d’excitation et d’envie ! C’est un stade qui m’a beaucoup donné et qui m’a toujours soutenu. J’ai hâte de fouler la pelouse. Même si pour les supporters ça sera pour la mauvaise équipe mais cela fait partie du foot. Je suis très content de revenir ce week-end.


Que peux-tu nous dire sur ton départ du RC Strasbourg ?

C’est simple, dans le football il y a quelque chose qu’on appelle la confiance. Le Racing ne m’a pas donné cette confiance. Tout le monde savait très bien que j’étais en fin de contrat et ils ne sont entré en discussion avec moi qu’en plein milieu du mercato. Cela aurait pu se faire plus tôt. Dans leur discours je ne sentais pas la volonté de me garder. Ils ne m’ont pas montré cet attachement et l’envie que je poursuive l’aventure. Je pense qu’ils m’ont fait une proposition pour services rendus des deux dernières années. Surtout la dernière saison ou j’ai presque tout joué. Mais personne ne m’a montré cette confiance. Quand j’ai entamé les discussions avec Nîmes, j’ai eu presque tout le monde au téléphone que ce soit le directeur sportif, l’entraîneur et même le président. J’ai senti qu’ils me voulaient.


C’est d’autant plus frustrant de partir après avoir remporté la Coupe de la Ligue ?

C’est le football, même si on donne tout pour un club. Ils avaient peut-être prévu l’après Martinez. Je pense qu’ils ont fait un bon choix en prenant Alexander Djiku, c’est un très bon joueur. Mais si le club était venu en décembre avec la proposition qu’ils ont fait durant l’été, je pense que je n’aurais pas pris le risque d’attendre le mercato.

Malheureusement ce n’est pas venu. Ils ont reçu mon agent mais ils n’ont jamais su me dire ce qu’ils souhaitent faire. Je savais qu’ils voulaient me prolonger mais ils ne savaient pas les conditions, et ça, sans parler de salaire car je n’ai jamais fonctionné comme ça, mais les années ou ce qu’ils voulaient faire avec moi ou s’ils comptaient réellement sur moi. Quand tu arrives dans une telle situation et que tu as un club d’un côté qui te dit qu’il te veut absolument et d’un autre un club qui ne sait pas trop, malheureusement le choix est vite fait.


En tout cas, pour le match de ce week-end, ce sera un duel entre deux équipes dans le dur

On savait que ce serait difficile pour les deux clubs, notamment pour nous car c’est la deuxième saison en Ligue 1. Il y a eu un grand remaniement d’effectif, il faut le temps que la mayonnaise prenne.

Pour Strasbourg c’est un peu différent, le début de championnat a été faussé par rapport aux matchs de qualification pour l’Europa League. Ils ont laissé beaucoup de force, on y a cru jusqu’au bout, j’étais leur premier supporter, j’ai suivi les rencontres. Ils ont donné ce qu’ils pouvaient mais la marche était sans doute un peu trop haute sur ce dernier match. Quand tu passes tout proche d’une qualification comme se fut le cas, dans les têtes c’est difficile d’enchaîner derrière avec le championnat.


Tu as encore des contacts avec les joueurs du Racing ?

Bien sûr, souvent Bingourou Kamara, Kenny Lala et même Idriss. J’ai encore eu Dimitri Lienard par messages cette semaine. J’ai gardé de très bons rapports avec les joueurs de l’effectif. On a tous envie de se retrouver et de partager un bon match de football.


Un mot juste sur la victoire en Coupe de la Ligue

Quand tu gagnes un titre avec la saison qu’on a produit. Il y a toujours cette part de fierté et d’envie d’en parler. J’en ai discuté avec mes nouveaux collègues avant le match de Coupe et j’ai un peu chambré en disant « Je m’en fiche un peu, je l’ai gagné » (rires). Je sais le bonheur que ça procure et je souhaite tout le monde de vivre une compétition comme on l’a vécu.


Pour finir. Tu retrouveras les supporters strasbourgeois. Tu t’attends à quoi ?

Je pense avoir laissé une bonne image et avoir tout donné pour ce club. S’il y a des gens qui me sifflent je l'accepterai parce que je ne fais plus parti du club et ça fait partie du foot. Moi j’irai les applaudir et je les remercierais de m’avoir soutenu jusqu’au bout et d’avoir été là quand c’était dur. Ce sont des gens qui m’ont beaucoup apporté quand j’étais sur le terrain qui nous ont donné de la force. Je ne l’oublie pas et j’ai beaucoup de fierté de revenir à Strasbourg.

A propos de l'auteur

Jonathan Helbling

Co-fondateur du Direct Racing et d'Alsa'Sports, le sport c'est ma passion et je ne souhaite qu'une seule chose, vous la faire vivre au travers de nos sites en vous offrant l'information gratuitement !